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12 novembre 2019

Catastrophique acqua alta à Venise. Du jamais vu depuis 1966 !



Difficile de retenir son émotion devant les images qui nous sont parvenues de Venise aujourd'hui. Du jamais vu depuis 1966, le niveau de l'eau dépasse les 170 cm. Il y avait 187 cm lors de la tristement fameuse acqua grande de 1966 qui avait failli ruiner Venise. 

Pas d'école demain sur la lagune, plus de transports en commun et déjà de nombreux dégâts. la basilique San Marco submergée avec des dommages importants dans la crypte. Il est encore trop tôt pour savoir. Contrairement à une explosion ou à un tremblement de terre, les dégâts ne sont pas visible de suite avec l'acqua alta. l'eau va se retirer dès que le vent se calmera et que la marée descendra. Mais le sel lui restera. En séchant il fera éclater marbre et briques des soubassements de la basilique et les dommages peuvent être irrémédiables me disait un prêtre qui était il y a quelques heures en compagnie de Pier Paolo Campostrini, le procurateur de la basilique Une ville paralysée et des services de secours qui ne savent plus où donner de la tête. Mais comme toujours, la solidarité est active. Chacun a chaussé bottes et cuissardes pour aider ses voisins, protéger du mieux possible le rez-de-chaussée des immeubles et pomper l'eau qui se répand partout.

Toutes les personnes que nous avons eu au téléphone, choquées, en colère, tristes aussi, disaient la même chose : un spectacle épouvantable, les sirènes, un bruit inhabituel et cette masse d'eau qui se répand partout à toute vitesse, emportant tout sur son passage. De fortes bourrasques de vent qui poussent la marée vers la ville et empêchent l'eau de refluer, des coefficients élevés et l'acqua alta devient incontrôlable. Un homme est mort électrocuté dans sa maison à Pellestrina, les images sont atroces, l'émotion est grande.

Le maire Luigi Brugnaro est resté sur place toute la soirée, se rendant lui-même sur la piazza pour constater les dégâts. La voix cassée par l'émotion, il parle d'un désastre et de sa crainte des suites de cette forte marée. 
 ....


Et il se trouve des touristes pour se faire photographier comme au spectacle. C'est justement ce qu'un vénitien trempé, agacé et très triste lança à un couple d'américains rigolards "Ce n'est pas un spectacle, espèce d'idiots, mais une catastrophe !" vient de me raconter une amie qui était témoin de la scène. "Questi stronzi non capiscono niente !" ("Ces connards ne comprennent rien !") (sic) a-t-elle ajouté hors d'elle... La Commune demande que l'inondation soit classée en catastrophe naturelle. "Nous sommes en train d'affronter une marée plus qu'exceptionnelle. Tout le monde est mobilisé pour gérer l'urgence", a tweeté le maire de Venise, "Demain, nous demanderons l'état de catastrophe naturelle parce que les coûts (des dégâts) seront probablement importants et nous nous attendons toujours à ce que le niveau de l'eau remonte", a-t-il ajouté.

21 octobre 2019

La reine Mathilde visite la 58e Biennale

C'était il y a un peu plus d'un mois, un après-midi de septembre, gris et pluvieux mais tranquille, qui a vu la reine des belges en visite à la Biennale, quelques semaines avant la fin de cette 58e édition particulièrement intéressante. Le reportage ci-dessous semble vouloir ne montrer que la tenue de sa Majesté, sans que soit mis en avant l'intérêt de la souveraine pour la création artistique contemporaine et les connaissances du couple royal. La Reine prend un réel plaisir lors de ces visites, marchant sur les pas de la reine Fabiola. La reine Mathilde s’ implique très fortement dans la vie culturelle du royaume.

La reine a ainsi visité le pavillon de la Belgique, avec l'exposition "Mondo Cane" (Monde Chien) de Harald Thys et de Jos De Gruyter, mais aussi l'exposition Luc Tuymans au palais Grassi, intitulée “La Pelle”  (la Peau), et celle de la belgo-zaïroise Otobong Nkanga à l'Arsenal.

La reine a ainsi parcouru les hauts-lieux de cette Biennale tournée sur les évènements du monde, ces horreurs qui marquent peut-être l’inéluctable avancée de nos civilisations vers leur terme ; La crainte d'une catastrophe finale et le déploiement permanent de mille complexités qui peuvent effrayer ou au contraire ouvrir les esprits à d'autres possibles. La voie ouverte peut-être enfin pour reléguer dans loin dans nos souvenirs, les tristes images d'une humanité décharnée, trop longtemps dénuée de compassion et d'empathie, où les hommes en courant après le mirage du progrès et de la croissance s’enfoncèrent dans un délire auto-destructeur. Une biennale qui aurait pu s'intituler "Et si les dinosaures s'étaient auto-détruits imités demain par les hommes ?" 

La reine a certainement son avis là-dessus et gageons que les conversations dont on n'entend hélas que de lointaines bribes ne portaient pas seulement sur le mauvais temps ou le bonheur d'être à Venise. Mais, comme il se devait, la souveraine ne s'est jamais départie de son sourire et de sa bonne humeur.

© Getty Images Entertainment / Olivier Matthys, 2019

07 octobre 2019

TraMeZziniMag aime Lorenzo Mattotti, la Biennale aussi


Lorenzo Mattotti, outre le merveilleux prénom qui est le sien, possède de multiples talents. C'est un dessinateur hors-pair, un véritable créateur et un homme de foi et d'engagement. Passionné, il n'entreprend jamais rien sans passion et détermination. Le résultat est une carrière sans faute et une renommée en rien usurpée.

Après des études d'architecture à Venise, le jeune Mattotti, né à Brescia en 1954, qui depuis toujours rêve de devenir illustrateur, commence à travailler pour des fanzines. Il se fera vite un nom dans le monde de la bande dessinée tant en Italie qu'en France. L'élégance de son travail le fait remarquer par les plus grandes revues dont il illustre régulièrement les couvertures, comme le New Yorker, Télérama, Glamour, vanity Fair, etc. 

On lui doit l'affiche du Festival de Cannes de l'an 2000, mais aussi le dessin des sacs pour la chaîne Leclerc. La Mostra de Venise lui avait demandé de réaliser le jingle vidéo de l'édition 2019. La sortie mercredi sur les écrans français de son dernier gros chantier en date, "La Formidable invasion des ours en Sicile" vient compléter le tableau déjà très complet de la carrière du monsieur qui n'arrête pas et enchaîne déjà sur d'autres projets.

09 août 2017

Des supports publicitaires inattendus inventés à Venise

© Emiliano Roveri - Août 2017. Tous Droits Réservés.
Mais où va-t-on si les ducs d'Albe deviennent des supports publicitaires ! C'est une photographie d'Emiliano Roveri qui fait poser cette question sur la Toile...

Le cliché a fait le tour du net vénitien aujourd'hui. Un cliché assez surprenant. Comme le précise la plateforme du Gruppo 25 aprile dans un article daté de ce jour, il ne s'agit pas d'un ex-voto ni d'une de ces petites chapelles miniatures que dressaient autrefois un peu partout les pêcheurs et leurs familles,  au milieu de la lagune, pour rappeler aux passants un évènement survenu là et remercier la vierge d'avoir sauvé leur bateau en difficulté.

Il s'agit en réalité d'un duc d'albe (qu'on appelle ici bricole) utilisé - abusivement - comme support publicitaire ! Si, si. On peut se demander si l'installation du panneau s'est faite avec l'autorisation de l'administration municipale, auquel cas il s'agirait d'un fait sans précédent qui ferait se retourner les provéditeurs de San Marco dans leur tombe. 

A contrario, s'il s'agit bien d'un usage abusif et que ce type d'affichage commercial reste interdit, l'administration doit agir rapidement et en sanctionner l'auteur. Le Gruppo 25 aprile s'interroge à ce sujet, se demandant avec un humour désabusé s'il ne s'agissait de la dernière trouvaille de l'administration en question pour financer l'entretien courant des pali et des bricole de la lagune dont on a remarqué qu'il laissait à désirer depuis pas mal de temps... 

Et si par malheur, l'utilisation à des fins publicitaires devenait possible, on assisterait à la défiguration de la lagune. Les chenaux qui parcourent les eaux autour de la Sérénissime auraient vite la laideur du bord des routes nationales de la péninsule ou de certains endroits de France... Et, comme le dit l'auteur de la remarque, attendons-nous aussi qu'aux prochaines élections, les ducs d'albe soient transformés en panneau d'affichage avec la photo en grand format des candidats en lice... 

Décidément nous vivons une époque moderne et l'appétit du lucre n'a plus aucune limite. Envie de crier «Mamma li barbari ! »Mieux vaut en rire.

23 juillet 2017

Plongeon interdit dans le grand canal : encore des touristes qui violent les règles à Venise

Une fois encore, et pas plus tard que ce matin aux alentours de 6 heures, de jeunes touristes étrangers ( ressortissants belges) ont montré leur méconnaissance  des us et coutumes de la cité des doges. Surpris par la police qui a été prévenue par des passants, un groupe de jeunes gens avait entrepris de plonger depuis le pont de Calatravà qui unit la Piazzale Roma à la gare Santa Lucia. Un  des endroits les plus dangereux ( par sa hauteur et la fréquence des bateaux qui passent par là). Aussitôt interpelés par les forces de l'ordre, ces jeunes abrutis semblaient ne pas comprendre ce qu'il y avait de répréhensible - et encore moins de dangereux - à se jeter dans l'eau du grand canal !  

S'il est vrai que de tout temps, les eaux de la Sérénissime ont attiré les voyageurs, si les enfants se baignaient l'été devant la porte de leur maison, si Byron allait parfois rendre visite à ses amies à la nage, le contexte était différent. Mais comment les étrangers de passage, écrasés par la chaleur et qui confondent facilement Venise avec n'importe quelle cité balnéaire, ne seraient pas tentés de se rafraîchir dans ces eaux bien attirantes ? L'absence ou le manque de bancs et de toilettes, de corbeilles et de poubelles, et avant tout de panneaux précisant ce qui est interdit et ce qui est autorisé, rendent les choses difficiles. Souvenez-vous l'argument de ce touriste allemand ou hollandais qui, interpelé par la police parce qu'il circulait en vélo sur la Lista di Spagna, a r2torqué aux policiers "Mais montrez-moi les panneaux qui indiquent que la circulation des deux roues est interdite ?". Logique non ? Si nul n'est censé ignorer la loi, cette règle vaut-elle pour des étrangers arrivant à Venise. Il faut un minimum de culture et d'éducation pour saisir qu'il ne s'agit pas d'une ville comme les autres et que donc, on ne peut y déambuler ni y vivre comme ailleurs. Longtemps, les vénitiens tentaient d'expliquer cela à leurs hôtes. Devant le développement massif de l'invasion touristique et la croissance de la mauvaise éducation, ils ont le plus souvent baissé les bras...

Cet incident suscite une fois encore la polémique. Le maire Luigi Brugnaro, a aussitôt réclamé une "loi spéciale' qui autoriserait une garde à vue d'au moins une nuit pour les jeunes vandales pris en flagrant délit qui sévissent dans Venise (les infractions sont nombreuses, comme par exemple les tags, les tenues inadéquates, le camping sauvage dans les rues, ou comme ici plongeon et la baignade dans les eaux de la lagune), certains réclament même le bannissement des indélicats et une interdiction de séjourner de nouveau dans la ville ! D'autres voudraient que soient installées des caméras de surveillance partout... Sans tomber dans l'excès, il est évident que des mesures s'imposent mais ne doivent-elles pas porter davantage sur la prévention et l'éducation des visiteurs ?


Ce qui est terrible c'est que devant la croissance incontrôlée du flux touristique des incidents comme celui de ce matin risquent de se produire de plus en plus souvent et nécessiteront de nombreuses interventions de la police ou des pompiers. Les jeunes belges qui se sont jetés dans le grand canal ne réalisaient pas le danger. Si autrefois les jeunes vénitiens, pour se faire admirer des filles et gagner quelques pièces, longeaient souvent dans les canaux, si on laissait les enfants barboter l'été dans les quartiers retirés, si souvent - j'en étais - des jeunes organisaient un bain de minuit du côté des Fondamente Nuove ou de la Giudecca, la situation n'était pas la même. L'eau ne contenait pas toutes les saletés qui en font un poison dangereux et la circulation maritime était bien moindre, avec des embarcations lentes et menées à l'aviron... Les temps changent et la vingtaine de millions de visiteurs annuels face à une population réduite au chiffre le plus bas de son histoire pose un problème d'organisation compliqué. 

TraMeZziniMag depuis sa création défend l'idée d'une prise en main du flux touristique, de la mise en place de règles claires qu'il faudra médiatiser et en même temps la prise de conscience par les autorités d'une réflexion à long terme pour que la ville redevienne un lieu de vie quotidienne pour ses habitants, et non pas une réserve visitée par des millions de curieux à qui on oublie de dire que Venise n'est ni un musée ni un parc d'attractions. Non messieurs-dames, il n'y a pas d'horaires d'ouverture et de fermeture, mais en revanche, il existe des règles dont la plupart découlent du simple bon sens, de l'éducation et du respect des autres.






















10 juin 2017

Cure de jouvence pour le Todaro

C'est en 1329, si on en croit Francesco Sansovino que fut installé en haut de la colonne occidentale de la Piazzetta la statue de Saint Théodore, Todaro en vénitien, premier protecteur de la cité avant que la dépouille de l’Évangéliste Marc soit amenée à Venise dans des circonstances pour le moins rocambolesques et devienne le saint patron de la République. Cela ne représente pas as moins de 700 ans de présence au-dessus de tous en dépit de son déclassement au bénéfice de Saint Marc dont le symbole trône sur l'autre colonne, du côté du palais ducal. Bien des hivers glacés et des étés caniculaires avaient fait souffrir la statue qu'on descendit de son majestueux piédestal quand en 1940, la guerre devenant menaçante, il fut décidé de mettre la statue à l'abri. Elle n'est jamais remontée depuis, une copie en pierre d'Istrie ayant été réalisée en 1948 pour la remplacer.

TraMeZziniMag avait émis il y a quelques années l'hypothèse que le corps enseveli dans la basilique San Marco pourrait être la dépouille d'Alexandre le Grand plutôt que celle de l'évangéliste. Ce ne sont que des suppositions et une forte propension à l'uchronie qui nous firent publier cet article. Pour Théodore, saint byzantin et valeureux guerrier de légende, il ne s'agit que d'une représentation mais elle avait ses secrets elle aussi.


On raconte que Théodore, jeune soldat des armées romains qui, comme Georges, terrassa un dragon, ne cessait de proclamer l’Évangile en prêchant partout où il se trouvait. Arrêté, il refusa de renier sa foi qu'il ne cachait pas. Il fut condamné à mort pour oser ainsi à la volonté de l’empereur Dioclétien, refus d’obtempérer bien plus grave pour ceux qui le jugèrent que l'insistance avec laquelle il proclamait sa foi et son rejet des idoles païennes. Un soldat qui s'insurge ne peut rester impuni, la sédition cela fait désordre, tout le monde en conviendra. Il fut atrocement supplicié et rendit l'âme dans la sérénité la plus totale, c'est du moins ce que disent ses hagiographes qui en ont fait l'un des trois saints-martyrs des chrétiens orientaux avec Saint Georges donc et Saint Dimitri. La statue restaurée figure un soldat en uniforme, jeune et athlétique, solidement armé, au visage jeune, noble et altier. Les travaux de restauration, minutieusement menés pendant un peu moins d'un an révélèrent des éléments en partie connus depuis 1948 mais jamais prouvés parce que jamais étudiés de près. Le splendide Todaro vénitien s'est avéré extrêmement fragile et l'intervention des spécialistes fut particulièrement délicate.

En effet, il a fallu démonter chacune des pièces qui forment l’œuvre, consolider les morceaux en pierre ou en bronze fragilisés par les siècles, les nettoyer, reconstituer les manques et protéger le tout pour l'avenir. On a pu ainsi déterminer l'origine de la statue, ouvrage hybride, dont on ne saura jamais vraiment s'il existait tel quel à Byzance ou s'il fut assemblé tel que nous l'avons toujours vu pour les commanditaires vénitiens à Venise avant de devenir le portrait du premier saint protecteur de la ville. C'est en grande partie la nature de cet assemblage qui en faisait l'extrême fragilité : la tête, le buste, les jambes, les armes et le dragon qu'il piétine sont de provenance, d'époques et de matériaux différents.

La tête, probablement de l'époque constantinienne, bien que retravaillée plus tardivement, est taillé dans un marbre blanc qui provient des carrières de Docimium, non loin d'Afyon en Turquie occidentale, a pu être identifiée avec certitude, comme le portrait de Mitridate VI Euopator, le fameux roi du Pont qui tint en respect les légions romaines pendant des décennies jusqu'à sa mort en 63 avant notre ère. La ressemblance avec les monnaies frappées à son époque portent toutes le portrait du monarque ne laisse aucun doute sur l'identité du personnage. Elle a probablement était ramenée de Constantinople.

Le torse, décoré de victoires couronnant un trophée devait appartenir à la statue en gloire d'un empereur. Probablement Hadrien. Les jambes et les bras sont taillés dans un même marbre provenant de l'île de Proconnèse - appelée aussi Ile de Marmara, la plus grande de la mer éponyme - dont les carrières de marbre blanc veiné de bleu furent renommées dans l'Antiquité. Le dragon est taillé dans le même marbre. Le bouclier, plus récent, est en pierre d'Istrie. D'autres parties du corps ont été sculptées dans du marbre de Pentélie, ce gisement qui servit à construire l'Acropole et avec lequel fut bâti le Parthénon. Quant aux  armes et à l'auréole du saint, elles ont été réalisées dans un alliage de bronze typique de l'époque médiévale.

C'est donc un extraordinaire palimpseste de l'Histoire et de la culture  millénaires de Venise qui est ainsi remis en état, un exemple flagrant de ses capacités à synthétiser,  mélanger et optimiser les gens, les arts et les civilisations grâce auxquelles Venise a pu être ce qu'elle fut, méritant vraiment ses surnoms : la Dominante, la Sérénissime.

Mais, au-delà de l'importance historique et artistique de cette restauration, la manière dont elle a été organisée et menée à bien confirme, s'il en était besoin, l'extrême habileté et l'excellente organisation des services et des entreprises qui en sont à l'origine. C'est ce qu'a tenu à souligner Mariacristina Gribaudi, l'actuelle présidente de la Fondation des Musées Civiques de Venise, en expliquant combien le partenariat mis en place a parfaitement fonctionné, permettant un travail efficace et des délais courts. La société Rigoni di Asiago (avez-vous déjà goûté leurs produits ? Notamment les confitures et la crène de noisette bio ?), mécène officiel, a pleinement joué le jeu et dont les produits et la philosophie, le succès commercial, montrent le dynamisme des entreprises vénitiennes aujourd'hui reconnues au niveau international. "Une synergie vertueuse et un bénéfice réciproque."

La présidente de la Fondation des Musées Civiques et Andrea Rigoni, Administrateur délégué de Rigoni di Asiago

09 juin 2017

Ils étaient 200 à courir vers le petit-déjeuner ce matin !


Levés avant l'aube, deux bonnes centaines de vénitiens participaient aujourd'hui au Breakfast Run. Une course sur cinq kilomètres à travers la ville de la Strada Nova, à la piazza San Marco, en passant par le  pont de l’Accademia et, dulcis in fundo, même par celui de Calatrava, réputé terriblement glissant. Le départ était donné à 5h45, au moment où le soleil commençait paresseusement d'étirer ses rayons à l'horizon. Les runners, tous vêtus d'un rutilant maillot jaune marqué du logo de la manifestation se sont retrouvés sur le parvis de la stazione pour cette première édition vénitienne de la RDS Breakfast Run Levissima, qu'organise pendant l'été Rcs Sport



Après la ville de Trente puis Rome en mai, et avant Milan (16/06), Turin (23/06) et Vérone (30/06) et enfin Bormio (08/07), la cité lagunaire était la troisième étape. Le principe de la manifestation est plutôt sympathique : une course matutinale de cinq kilomètres à travers l'espace urbain puis à l'arrivée, un plantureux petit-déjeuner all'aperto, pris en commun pour bien commencer la journée. Il ne s'agit aucunement d'une course. La philosophie ? Une manière intelligente de faire de la communication pour des marques, mais aussi parce que l'été arrivant, redécouvrir l'espace urbain dans lequel on évolue chaque jour sans y penser le plus souvent par le biais d'un jogging organisé et rappeler l'importance nutritionnelle, physique et psychique du petit-déjeuner que les italiens, comme souvent aussi les français, ont tendance à bâcler. Détente, contemplation, socialisation et diététique. Que pourrait-on trouver à redire ? Qu'il est dommage qu'il faille organiser ce genre de manifestation pour que les gens se sentent bien, redécouvrent leur ville au lever du soleil, se rencontrent et réapprennent les vertus de ce repas sur lequel nos mères étaient intraitables. "Finis ton chocolat", "Mange tes tartines", "Prends un fruit", "Ne pars pas sans manger"... Ces mots ne résonnent-ils pas dans vos oreilles ?

On peut davantage parler de parcours de santé, d'une promenade sportive à travers les rues et les campi de la Sérénissime, une passeggiata de bon matin dans une Venise tranquille, tellement différente de celle qui quelques heures plus tard s'est remplie de touristes. "C'était important de le faire ici, parce que Venise est unique - expliquait à la presse Andrea Trabuio, le directeur des Grandes manifestations de Rcs Sport, milanais d'adoption mais vénitien de naissance - cette manifestation prendra de l'ampleur et attirera non seulement les vénitiens passionnés par leur ville mais aussi ceux parmi les touristes qui recherchent l'authenticité de la ville."  


Joyeux moment donc, sans ampoules ni essoufflement, sans perdant et tous gagnants, mais moment qui a tout de même coûté à chaque participant la somme de 14€, comprenant le droit de participer, le t-shirt et le petit-déjeuner. Après tout, on n'a rien sans rien et la colazione fut très appréciée et le plaisir d'arpenter au petit matin les rues encore vides et silencieuses de la Cité des Doges est un bonheur sans prix !



06 mai 2017

Le Musée Correr expose Roger de Montebello

Exposition Roger de Montebello
"Portraits de Venise et autres portraits"
sous la direction de
Jean Clair

avec la participation de 
Gabriella Belli
directrice des Musées de Venise
 
Musée Correr
du 13 mai au 10 septembre 2017

Preview (sur invitation) 10-11-12 mai pendant la semaine d'ouverture de la Biennale

Une présentation aura lieu 
le jeudi 22 juin à 12h 
à l'occasion d'un dialogue sur la peinture contemporaine 
entre Jean Clair et Gabriella Belli
 au Musée Correr

07 novembre 2016

Venise fascination : Table-ronde à Bordeaux à l'Institut Bernard Magrez

Jeudi 17 novembre, l'Institut Bernard Magrez propose aux aquitains de venir rencontrer Delphine Gachet, Marc Agostino et Alain Vircondelet, sur le thème de la fascination de Venise. Tramezzinimag y sera peut-être si votre serviteur n'est pas encore reparti pour Venise. Les protagonistes invités dans ce lieu merveilleux sont la directrice de l'ouvrage Venise, Histoire, Promenades, Anthologie & Dictionnaire paru en mai dernier chez Robert Laffont dans la collection Bouquins (cf. Tramezzinimag du 08/05/2016).

Comme le mentionne le site de l'Institut : 
Venise - "l’un des secrets les plus poétiques qui aient jamais existé sur cette terre", selon l’un de ses meilleurs connaisseurs, Dino Buzzati – ne cesse de fasciner ses innombrables visiteurs par sa splendeur architecturale et son mystère troublant et enchanteur. Fruit du travail conjoint de collaborateurs français et italiens venus d’horizons différents, le livre Venise, Histoire, promenades, anthologie et dictionnaire plonge au cœur de cette ville mythique au fil d’une exploration minutieuse et originale qui contredit bien des clichés sans altérer sa légende. Une cité hors norme dont le prestige se nourrit de l’imaginaire qu’elle suscite. La ville de l’amour, de la séduction, de la sensualité, mais aussi le symbole de la fin d’un monde. 
Trois des collaborateurs, tous vivant et travaillant à Bordeaux, qui ont permis au livre d’exister. Delphine Gachet, docteur en littérature comparée, est maître de conférences à l’université Bordeaux-Montaigne, traductrice (et grande spécialiste) de Dino Buzzati et de nombreux autres écrivains italiens. Avec le Professeur Alessandro Scarsella, elle a co-dirigé et collaboré à l’ouvrage présenté. Marc Agostino, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Bordeaux-Montaigne, spécialiste de l’histoire des religions et de la papauté. Alain Vircondelet est écrivain et universitaire. Vénitien de cœur, il a consacré plusieurs ouvrages à Venise (dont Devenir Venise, Nulle part qu’à Venise, Le grand guide de Venise). La table ronde - conférence aura lieu jeudi 17 novembre à 20 heures et sera suivie d'une dégustation de vins Bernard Magrez en partenariat avec la Librairie Mollat. Les réservations se font en cliquant ICI 

20 septembre 2016

Tramezzinimag, une renaissance : le chantier avance, peu à peu...

Les fidèles lecteurs de Tramezzinimag le savent, le 23 juillet dernier, Google a supprimé purement et simplement et sans aucune explication, le blog et toutes les publications réalisées depuis 2005 (ainsi que les autres blogs hébergés sur le compte Google+, les archives photos de chacun de ces sites, celles de mes différentes activités associatives, et de nombreux documents de famille...). 

Le combat juridique s'amorce et nous ne lâcherons rien. En attendant, des fidèles, férus d'informatique qui soutiennent ce combat viennent de trouver une page du blog piratée par un site pornographique américain... Ainsi un billet de juin 216 et un autre de juillet s'ouvrent sur des images vulgaires et vraiment disgusting avant de présenter l'article original de Tramezzinimag... Est-ce la raison de la suspension du compte et la suppression du blog ? L'enquête est ouverte. De quoi devenir républicain et s'inscrire au Tea Party (c'est une plaisanterie !) mais tous les yankees ne sont pas des enfoirés seulement âpres au gain et férus de pornographie. Ce sont les aléas du net et le manque de prudence en ne surveillant pas davantage nos sauvegardes. 

Par ailleurs, nous travaillons - vous l'aurez peut-être constaté - à la republication des anciens articles. pour l'instant, il s'agit d'éditer ceux qui étaient le plus lus. Le plus long et compliqué est la reconstitution des illustrations, images, vidéos et sons. Ceux appartenant à Tramezzinimag ou ceux dont le copyright n'était enregistré dans l'adresse du lien ne sont pas toujours rechargeables. Pour les autres, on les retrouve sans difficulté sur les sites d'archive du net voire même dans le cache de Google

Republier un article avec ses liens, ses illustrations, sa mise en page, peut prendre plusieurs heures. C'est du temps en moins pour publier de nouveaux articles. Que nos fidèles lecteurs veuillent bien nous en excuser et qu'ils soient une fois encore, remerciés. pour leur patience et leur soutien !
Cela retarde aussi le lancement des Éditions Tramezzinimag dont nous vous reparlerons dans ces colonnes en octobre. En attendant cette sympathique chanson interprétée par Logan Heftel.

17 janvier 2016

Quand Venise accueille un jeune pape de fiction

Une curieuse effervescence sur la Piazza ces derniers jours. On s'affairait autour d'un homme en blanc, une silhouette familière entourée de prélats... Saint Marc était le décor cette semaine de la suite du tournage, commencé à Rome l'été dernier, d'une série réalisée sous la houlette de Paolo Sorrentino pour la télévision. L'histoire (une fiction évidemment) de Pie XIII, premier pape américain de l'histoire, très jeune incarné par le britannique Jude Law. La série qui devrait compter huit épisodes est coproduite par Canal Plus, Sky et HBO, The Young pope, devrait être diffusée avant la fin de l'année 2016. Avec aussi Cécile de France et Ludivine Sagnier. Pour les amateurs, plus d'informations en cliquant ICI




09 février 2015

Récemment retrouvé dans le Ghetto de Venise, un trésor bientôt exposé à Paris


..En septembre 1943, deux responsables des services religieux de deux synagogues du ghetto de Venise, l'espagnole et la levantine, avisé de l'arrivée imminente des nazis dans la ville, décidèrent de cacher de précieux objets de culte, trésors d'orfèvrerie que les allemands auraient certainement volé. Mis à part quelques exactions superficielles, les synagogues vénitiennes furent épargnées par la barbarie des nazis. Leur façade sobre les faisant rassembler à des immeubles d'habitation ou à des palais, elles échappèrent à la destruction.  On oublia pendant de nombreuses années les objets cachés. D'autant que les deux hommes ne revinrent jamais des camps d'extermination où ils furent déportés, comme la plus grande partie de la communauté juive de Venise. C'est très récemment, à la faveur de la restauration de la synagogue espagnole, que les objets soustraits au pillage, ont été redécouverts.

..Ce trésor d'orfèvrerie liturgique, pour l'essentiel en argent, compte des objets rituels traditionnels : des couronnes de torah, des ornements de bâtons de torah, des mains de lectures, des boîtes à aromates, des lampes de Hanoukkah (la fête des Lumières), des lampes de synagogue, des coffrets de torah, des plats, un bassin et une aiguière. Tous sont d'un grand raffinement et le travail de chaque pièce est de toute beauté. Ils portent la signature des meilleurs orfèvres vénitiens du XVIIe au XIXe siècle, parmi lesquels Antonio Montin et Giovanni Fantini. Magnifiquement ornés et extraordinairement ciselés, ces pièces attestent du raffinement et de la diversité culturelle du judaïsme vénitien. Fortement corrodés, ils ont fait l'objet d'une longue restauration qui leur a rendu leur splendeur d'origine. Les contempler plonge le visiteur dans le passé flamboyant de la Sérénissime.

..Institué il y a près de 500 ans, plus exactement le 29 mars 1516, le ghetto de Venise fut le premier d'Europe. Tout le monde sait que ce nom,qui prendra au fil des siècles une connotation terriblement négative et douloureuse, provient du terme vénitien, geto qui signifie fonderie. Conçu à l'emplacement d'une fonderie, comme un espace de ségrégation voulu par le gouvernement de la République et son Inquisition, mais aussi par les juifs eux-mêmes pour préserver leurs traditions et éviter les mariages mixtes, il était fermé la nuit, et des équipes de vigiles juifs en surveillaient les alentours. Il devint en quelques années le berceau d'une importante et riche communauté de juifs originaires d'Italie,qui attira de nombreux juifs des pays germaniques, du Levant et d'Espagne. Son cosmopolitisme et la prospérité de ses habitants en ont fait un creuset culturel original dont la renommée dépassa les frontières de la république de Venise. C'est résumer d'une manière par trop simpliste ce que furent les liens d'amour et de haine qui liait la république à la communauté juive.



Les objets du trésor du ghetto de Venise seront présentés à Paris dans les salles italiennes du MAHJ,où ils font écho à un ensemble d’œuvres de très grande qualité témoignant de la continuité du judaïsme italien du Moyen Âge à nos jours. Cette exposition itinérante est organisée en partenariat avec Venetian Heritage, fondation pour la sauvegarde du patrimoine de Venise, et la Maison Vhernie, les mécènes, avec la communauté juive de Venise. Elle sera ouverte au public du 13 mai au 13 septembre 2015.

Hôtel de Saint-Aignan,
à 300m du Centre Pompidou
71, rue du Temple, 75003 Paris
Tél. : 01 53 01 86 60
Métro : Rambuteau ou Hôtel de Ville

01 mai 2014

Lido de Venise : l'Excelsior endommagé par un incendie



C'est hier que s'est déclaré un incendie dans la partie en cours de restauration du Grand Hôtel Excelsior au Lido, ce fameux palace au style néo-oriental où se déroulent les meilleurs moments de la Mostra du Cinéma depuis la création de ce festival, le plus ancien au monde. Pour davantage d'informations - et d'images - Tramezzinimag vous recommande l'excellent blog du franco-vénitien, Claudio Baoretto que tous nos lecteurs connaissent (Cliquer ICI) et qui habite au Lido. 

Après plusieurs heures de travail, le feu a pu être éteint sans qu'il y ait eu trop de dégâts dans le reste de l'hôtel. C'est l'embrasement d'une gaine en matière synthétique et de plaques d'aggloméré située sous la coupole de cuivre qui semblerait à l'origine du sinistre. Purement accidentel d'après les premières expertises, l'incendie a rappelé de bien mauvais souvenirs aux vénitiens, d'autant qu'une fois encore, le feu est parti d'un chantier de rénovation à un moment où la polémique fait rage entre certains élus, dont Sebastiano Bonzio et EstCapital Sgr, l'entreprise qui est actuellement propriétaire du palace, autrefois un des joyaux de la Ciga Hôtel, au même titre que le regretté Hôtel des Bains, devenu une résidence de luxe, le Danieli, le Gritti, le Monaco et d'autres magnifiques hôtels de luxe un peu partout en Italie et dans le monde (le Meurice faisait partie de la "chaîne" dont le propriétaire était l'Aga Khan).

L'élu municipal sous-entendant que si les flammes n'avaient pu être contenues - il a tout de même fallu plus de cinq heures de travail pour circonscrire l'incendie ! - les propriétaires actuels auraient eu les coudées franches pour revendre le bâtiment à des promoteurs... Tout le monde se souvient du drame du 29 janvier 1996, quand la Fenice avait été détruite par un incendie qui menaçait toute la ville, puis plus récemment celui du Molino Stucky, à la Giudecca. Comme l'Excelsior, ces deux bâtiments étaient en cours de rénovation. La fumée que l'on a pu voir jusqu'à Mestre et plus loin encore en a fait frissonner plus d'un ! Mais cette fois-ci, fort heureusement, plus de peur que de mal. 

Crédits photographiques © 2014 - Claudio Baoretto. 


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29 janvier 2014

Jamie Dornan visite Venise pour Hogan


..Après l'acteur britannique Matthew Goode qui était au centre de la campagne automne-hiver 2013 de la marque italienne de maroquinerie Hogan, c'est Jamie Dornan qui a été choisi pour la campagne printemps-été 2014. La marque a recruté l'Irlandais, âgé de 31 ans, c'est - à ce qu'on dit - une étoile montante du cinéma. On entendra souvent son nom cette année. Il sera notamment à l'affiche de "Fifty Shades of Grey" (Cinquante nuances de Grey) d'après la nouvelle érotique auto-éditée de E.L. James qui a eu un succès fou via sa diffusion sur Internet (!). Un phénomène de mode, un buzz qui s’appesantit quasiment exclusivement sur les relations sexuelles mouvementées d'une jeune femme avec un homme. Sadisme, masochisme... Où la pornographie répandue dans les salles de cinéma grand public. 

Après le dernier Scorcese, on peut s'attendre à tout de la part du cinéma anglo-saxon. mais là n'est pas notre propos. C'est Venise qui intéresse Tramezzinimag et ses lecteurs et c'est de Venise dont il est question dans le petit film de la maison Hogan qui a choisi d'immortaliser l'acteur à Venise aux côtés de la Française Constance Jablonski. Le duo se balade dans la cité des doges au rythme de "Hindsight" du groupe The Stevens. ..L'acteur est un vétéran du mannequinat : il a déjà prêté son visage à Calvin Klein, à Dior et à Armani. Côté cinéma, on l'a notamment vu en 2006 dans le lamentable et hystérique film de Sofia Coppola "Marie Antoinette", aux côtés de la belle Kirsten Dunst. Venise aussi est très belle dans cette vidéo, même réduite à quelques vues en décor de fond !

26 juillet 2013

Ce sera cette année la 70e Mostra du Cinéma. Un grand cru certainement !

 
L'ami qui venait à Venise pour la première fois, était surpris d'apprendre que la Mostra internazionale d'arte cinematografica di Venezia (festival international d'art cinématographique de Venise) était plus ancienne que le Festival de Cannes et qu'en dépit de mille vicissitudes cette manifestation semblait promise à un avenir bien plus rayonnant que les autres évènements qui la copient. Depuis 1932, les plus grands films du moment sont présentés chaque année au Palais du Cinéma, au Lido. Cette année, la Mostra se déroulera du 28 août au 7 septembre 2013. Les organisateurs viennent de révéler la liste des films en compétition  La liste est longue et les paris vont vite aller bon train sur celui qui remportera le Lion d'Or parmi les sélectionnés :
Tom At The Farm, de Xavier Dolan
Child of God, de James Franco
Philomena, de Stephen Frears
La Jalousie, de Philippe Garrel
The Zero Theorem, de Terry Gilliam
Ana Arabia, d'Amos Gitai
Under The Skin, de Jonathan Glazer
The Police Officer's Wife, de Philip Groning
Kaze Tachinu, de Hayao Miyazaki
The Unknown Known: The Life And Times Of Donald Rumsfeld, d'Errol Morris
Night Moves, de Kelly Reichardt
Sacro Gra, de Gianfranco Rosi
Stray Dogs, de Tsai Ming-liang  
Deux autres sélections viennent d'être rendues officielles, celles des films Hors-Compétition et celle des Documentaires. Pour les longs-métrages :

Space Pirate Captain Harlock,de Aramaki Shinji
Gravity, d'Alfonso Cuaron
Moebius, de Kim Ki-duk
Locke, de Steven Knight
Unforgiven, de Lee Sang-il
Wolf Creek 2, de Greg Mclean
Home From Home - Chronicle Of A Vision, d'Edgar Reitz
Gondola, de Rudish, Aaron Springer, Clay Morrow
The Canyons, de Paul Schrader
Che Strano Chiamarsi Federico, Scola Racconta Fellini, d'Ettore Scola
Walesa, Man Of Hope, de Andrzej Wajda et Ewa Brodzka
..Les Documentaire retenus :

Summer 82, When Zappa Came to Sicily, de Salvo Cuccia
Pine Ridge, de Vanessa Piper
The Armstrong Lie, d'Alex Gibney
Redemption, de Miguel Gomes
Ukraina Is Not A Brothel, de Kitty Green
Con Il Fiato Sospeso, de Costanza Quatriglio
Amazonia, de Thierry Ragobert
La Voce Di Berlinguer, de Mario Sesti et Teho Teardo
'Til Madness, Do Us Apart,de Wang Bing
At Berkeley, de Frederick Wiseman
..Parmi nos favoris à Tramezzinimag, Tom a la Ferme, le film du très talentueux jeune cinéaste québécois, Xavier Dolan, d'après le roman très noir de Michaël-Marc Bouchard. La Jalousie de Philippe Garrel sur un scénario de Marc Chodolenko sera sûrement excellent lui aussi. C'est malheureusement le seul film français en compétition. Autre de nos favoris,  le dernier Stephen Frears, avec Judi Dench, qui porte un bien joli titre, Philomena. L'histoire d'une jeune fille naïve tombée enceinte à la sortie de l'enfance. Enfermée dans un couvent irlandais, elle va mettre au monde un enfant qui sera adopté par des américains. Elle partira de l'autre côté de l'océan pour le retrouver. Un grand cru là aussi. Les américains seront donc là en force, avec George Clooney, décidément un habitué du Lido, pour ce film en 3D, le premier présenté à la Mostra avec Gravity, d'Alfonso Cuaron. Il y aura aussi Under the Skin avec Scarlett Johansson et Night Moves de Jesse Eisenberg, entre autres. 

..Où est le temps de la grande kermesse d'Unifrance que dirigeait Daniel Toscan du Plantier. Le ministre de la culture faisait  le déplacement en compagnie de Danièle Mitterand, et on parlait davantage français qu'italien ou anglais dans les couloirs de l'Excelsior, à l'Hôtel des Bains ou au Casino où se déroulait les projections. Je me souviens des premières et timides apparitions du cinéma hollywoodien de loisirs, ce qu'on nomma plus tard les Blockbusters. Le public poli se raclait la gorge, mais réservait son enthousiasme pour les films italiens et acclamait le cinéma français. Contrairement à Cannes, l'argent n'était pas un critère privilégié à Venise. On était là "pour de l'Art pas pour du lard ni des dollars" comme aurait pu dire Claude Chabrol ou Depardieu